mercredi 25 février 2015

Orgue de la cathédrale d’Angoulême: une rénovation haut de gamme

Les travaux de restauration du grand orgue de la cathédrale d’Angoulême touchent à leur fin. Visite de l’imposant instrument, devenu le plus moderne de France, avec l’un des facteurs d’orgue.


Une carte à puce électronique pour démarrer l’engin de vingt tonnes et de ses 4.000 cylindres. Bienvenue à la console du grand orgue de la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême dont la rénovation entre dans sa phase finale. Après deux ans et demi de travaux, il sera fin prêt courant mai, après les derniers réglages d’harmonisation de ses tuyaux entamés fin décembre.
"Grâce au combinateur général électronique qui équipe désormais la console, l’orgue d’Angoulême est aujourd’hui le plus moderne de France", juge Olaf Dalsbaek, l’un des trois facteurs d’orgue qui s’est penché au chevet de l’instrument qui n’avait connu aucune modification depuis 1965.


Cinquante ans qui permettent aujourd’hui de "mettre le progrès au service de la tradition en multipliant les combinaisons de sons à l’infini", selon l’artisan basé à quelques kilomètres de Lyon, qui a partagé le chantier avec deux confrères, Jacques Nonnet et Pierre-Marc Saby eux aussi installés dans le Sud-Est.
"C’est un chantier colossal que nous sommes obligés et habitués à nous partager", reprend Olaf Dalsbaek. Pensez donc ! Le monstre compte pas moins de 4.000 tuyaux de toutes tailles, de 4mm de haut et de diamètre à plus de 6m de haut et 40cm de diamètre...
En étain, en plomb, en alliage d’étain et plomb, ou en bois, la tuyauterie a été entièrement démontée pièce par pièce... Les pièces ont toutes voyagé vers l’un des ateliers des facteurs d’orgue pour plonger dans leur bain de jouvence.
Quatre ans d’absence
Aujourd’hui, le "buffet" d’orgue (sa carcasse) a retrouvé tous ces tuyaux. Après un long vide de plus de quatre ans, date à laquelle l’instrument a disparu sous les bâches pour la rénovation de l’intérieur de l’édifice. Avant sa propre remise en forme. Un voyage guidé dans les entrailles de la bête permet de mesurer la complexité de l’instrument. "Heureusement que l’on a l’habitude pour remettre chaque tuyau à sa place...", s’amuse Jacques Nonnet, qui travaille à l’harmonisation de l’orgue aux côtés d’Olaf Dalsbaek.
"Redonner le bon son à chaque tuyau prend des semaines. L’idéal est de le faire dans des températures entre 15 et 18°, c’est pourquoi ces derniers jours avec le froid, on n’a pas beaucoup avancé", reconnaît Olaf Dalsbeak. Trois à quatre jours par semaine, la cathédrale est fermée au public. "Il ne faut aucun bruit", soupire-t-il en s’installant à la console pour une démonstration.
Un chantier à 772.000€
Grand plénum, le grand plein. L’orgue donne soudain toute la puissance de son imposant poitrail, composé des trois sommiers qui contiennent les soufflets chargés d’envoyer l’air dans les tuyaux. "Là, c’est la note la plus haute. Là, la plus basse", illustre-t-il à la console high-tech qui affiche prise de clef USB et fonction "Replay"! Les sons vont de 4 à 15.000 hertz. "C’est la tessiture de sons la plus large que l’oreille humaine peut percevoir", poursuit le facteur d’orgue qui n’entend d’ailleurs pas les sons les plus aigus.
Une fois par mois a lieu une réunion de chantier. Elle réunit le représentant des monuments historiques, Roland Galtier, le technicien conseil indépendant choisi par la direction des affaires culturelles, les facteurs d’orgue et bien sûr Frédéric Ledroit, le titulaire de l’orgue de la cathédrale. "Il piaffe d’impatience !", sourit Olaf Dalsbaek.
Après plus de quatre ans de patience et un investissement de 772.000€, l’orgue va retrouver son aura. Le vénérable instrument construit en 1784 est lui aussi impatient de revibrer au son de Saint-Saëns, Messiaen, Mendelsohn, Bach ou Haendel.

Frédéric Ledroit: «J’ai un orchestre symphonique !»

On connaît l’homme enflammé qu’est Frédéric Ledroit dès qu’il parle d’orgue. Mais là, tous les adjectifs et superlatifs ne suffiraient pas à qualifier l’état dans lequel le met le nouveau grand orgue de Saint-Pierre. «C’est simple, j’ai un orchestre symphonique !», explose-t-il.
«C’est l’instrument le plus moderne de France qui offre des possibilités presque illimitées pour la composition de nouvelles oeuvres. Un boulevard pour l’écriture musicale», savoure Frédéric Ledroit. «On ne trouve la même chose nulle part ailleurs, même pas à l’étranger tant il est moderne. Et à plus d’un titre», reprendil. Avant d’évoquer l’apparition de l’électronique qui permet de passer de plusieurs centaines à plusieurs milliers de combinaisons de sons; la tablette qui permet de tourner les pages d’une partition sans la présence d’un assistant; ou la fonction replay qui permet un confort inestimable pour l’enregistrement ou «jouer seul sur deux orgues en même temps».
Frédéric Ledroit devra toutefois patienter jusqu’au 12 avril pour s’installer pour la première fois officiellement à la console. Ce sera dans le cadre du festival international d’orgue en Charente. Il sera accompagné ce jour-là par la maîtrise et l’ensemble choral du conservatoire Gabriel-Fauré.
Avant une série de concerts inauguraux du 10 au 15 septembre où les plus grands organistes français se succéderont à Angoulême.

Inauguration du nouvel orgue de l'église Saint-Etienne de Castries

C'est un temps fort que va vivre la paroisse Saint-Joseph de Castries (Beaulieu, Buzignargues, Campagne, Castries, Galargues, Garrigues, Montaud, Restinclières, Saint-Bauzille de Montmel, Saint-Drézéry, Saint-Hilaire de Beauvoir, Saint-Jean de Cornies et Sussargues), le samedi 28 février et dimanche 1er mars.

Ces deux jours seront émaillés de nombreux concerts et cérémonies.
La construction de cet orgue a commencé dans les ateliers de Courtrai (Belgique) du facteur d'orgue Jean Bruggeman, en 2013.
Un très bel instrument de 37 jeux, 2400 tuyaux, trois claviers et un pédalier. La hauteur du buffet, installé sur la tribune est de 6,20 m. Il complétera magnifiquement l'église de Castries du XIXe siècle.
C'est sous la houlette du Père Thierry Febvre, responsable de la paroisse et de bénévoles que l'Association “Un orgue pour Castries” a été portée sur les fonts baptismaux le 2 octobre 2012. Sa devise “Un défi culturel et patrimonial”.
Défi réussi pour l'association qui avait le souci et l'ambition de redonner à ce bel instrument ses lettres de noblesse.
Thierry Febvre, organiste de souligner “Un véritable atout cultuel et culturel pour la cité castriote qui permettra d'y voir fleurir des concerts et animations autour de l'orgue, d'apporter une note non négligeable à la pastorale du tourisme, d'amener un développement dans la région”.
Un tel projet a nécessité de nombreux concours en particulier auprès des collectivités locales et du mécénat. Un appel au don avait été lancé aux paroissiens et à toute personne intéressée, d'excellents concerts de soutien ont eu lieu.

Programme :
Samedi 28 février :
18 h 30, bénédiction par Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier avec à l'orgue Olivier Perin, directeur du Conservatoire de Montpellier20 h 30 :concert d'inauguration par Alain Bouvet, titulaire des orgues Cavaillé-Coll de Saint-Étienne de Caen.
Dimanche 1er mars :
11 h, messe solennelle. 15 h : concert orgue et chant grégorien, avec le Chœur grégorien “Josquin des Prés” de Poitiers et, à l'orgue, Othar Chedlivili, titulaire de la cathédrale de Montpellier. 17 h : concert des organistes attachés au projet (Othar Chedlivili, Irène Randrianjanaka, Pierre Seyte (Montpellier), Pierre Staehlé  (Annecy), Thierry Febvre (Castries).

Pluvigner : L'ébéniste qui apprivoise les orgues

Depuis deux semaines, le chantier de l’orgue est mené par David Capbern. Derrière un minois un peu frêle se cache un ouvrier aussi passionné que redoutable d’efficacité.

La présence de David Capbern au pied de l’orgue de Saint-Guigner est le fruit du plus grand des hasards. Après trois années passées avec les Compagnons du tour de France comme apprenti ébéniste, le Girondin est arrivé à Strasbourg. "Je cherchais du travail ", rappelle-t-il. C’est à ce moment que Rémy Mahler, le créateur et maître d’œuvre de l’orgue pluvignois, cherchait quelqu’un pour l’épauler. La première rencontre sera la bonne. "J’ai arrêté les Compagnons pour faire ce projet où j’étais déjà intervenu".


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